Exposition « D’une maison à l’autre »

Du 30 octobre au 12 décembre 2026
Hôtel de ville de Saint-Laurent-Blangy – Accès libre aux heures d’ouverture
Vernissage le vendredi 30 octobre 2026 à 18h
Démonstration de l’artiste le vendredi 30 octobre de 15h à 17h
Œuvres au pastel de Sandra Decelle-Lamothe, alias « Sanoka »
Chaque tableau est accompagné d’un texte qui en prolonge le regard, offrant une double lecture, visuelle et littéraire. Une exposition colorée et rêveuse qui invite le visiteur à un voyage intime, d’une maison à l’autre, d’un lieu à l’autre, d’une émotion à l’autre.
Contact : sdecellelamothe@gmail.com
https://sandra-decelle-lamothe.book.fr/
Présentation du pastel
Le pastel est une technique picturale à sec qui utilise des bâtonnets de pigments purs agglomérés avec un liant léger, généralement de la gomme arabique. Contrairement à la peinture, il ne nécessite ni eau ni huile, ce qui lui confère une luminosité et une fraîcheur de couleur particulières. Il existe plusieurs variantes : le pastel sec ou tendre, le plus répandu, qui offre un rendu velouté ; le pastel dur, plus précis et adapté aux détails ; et le pastel à l’huile, plus gras, qui se rapproche davantage de la peinture traditionnelle.
L’histoire du pastel trouve ses origines à la Renaissance italienne, où Léonard de Vinci l’aurait expérimenté dès le XVe ou XVIe siècle pour ses études préparatoires. C’est toutefois l’artiste vénitienne Rosalba Carriera qui popularise véritablement cette technique en France. Lors de son séjour parisien en 1720-1721, son succès fulgurant auprès de l’aristocratie lance véritablement la mode du pastel dans le pays.
Le XVIIIe siècle constitue l’âge d’or absolu du pastel en France. Cette période est portée par des maîtres devenus incontournables, au premier rang desquels Maurice Quentin de La Tour, portraitiste officiel de Louis XV et considéré comme le plus grand pastelliste français, reconnu pour la vivacité psychologique de ses modèles. Jean-Baptiste Perronneau, son rival direct, excelle également dans le portrait intimiste. Jean-Étienne Liotard, artiste franco-suisse, se distingue par ses portraits raffinés, tandis que Jean-Siméon Chardin, davantage connu comme peintre à l’huile, s’illustre aussi en pastel sur le tard. Cette époque voit le pastel devenir l’instrument privilégié du portrait mondain, apprécié pour sa rapidité d’exécution et le rendu naturel qu’il permet des carnations.
Le XIXe siècle marque un tournant majeur avec Edgar Degas, qui révolutionne totalement la technique. Il superpose les couches, mélange les teintes et fixe partiellement entre les strates, traitant désormais le pastel comme une matière picturale à part entière et non plus comme un simple médium de dessin préparatoire. Ses célèbres séries de danseuses illustrent parfaitement cette modernité. D’autres artistes contribuent à cette période riche, notamment Odilon Redon, qui utilise le pastel pour ses œuvres oniriques et colorées, ainsi qu’Édouard Manet et Mary Cassatt, cette dernière étant une artiste américaine installée en France et proche du mouvement impressionniste.
Après cette apogée, le pastel connaît une relative éclipse au XXe siècle, supplanté par les avant-gardes picturales comme le cubisme et l’abstraction, qui privilégient l’huile et des médiums jugés plus radicaux. La technique reste néanmoins pratiquée, mais de façon plus confidentielle.
Depuis les années 1990, le pastel connaît toutefois une véritable renaissance, portée par plusieurs facteurs : la redécouverte muséale des maîtres anciens à travers des expositions consacrées à Degas ou à La Tour, la dynamisation de sociétés dédiées à cette pratique, ainsi qu’un retour général vers des techniques considérées comme plus authentiques face à la montée du numérique. La Société des Pastellistes de France, fondée en 1885, connaît un regain d’activité notable depuis cette période, organisant des expositions annuelles qui fédèrent les artistes contemporains. Sur le plan international, l’International Association of Pastel Societies dynamise également la scène mondiale.
La scène contemporaine du pastel reste plus discrète médiatiquement que d’autres mouvements artistiques, se perpétuant principalement à travers des sociétés savantes, des concours spécialisés et des galeries dédiées.
Présentation Sandra Decelle-Lamothe
Le dessin accompagne Sandra Decelle-Lamothe depuis l’enfance, une passion qui prend une dimension nouvelle lorsque, jeune adulte, elle fréquente l’atelier de Lucia Araneda, artiste et sculptrice lyonnaise qui lui fait découvrir diverses techniques telles que l’encre de Chine ou la sanguine. Devenue urbaniste, elle exerce son métier à travers toute la France, mettant pour un temps sa pratique artistique au second plan. C’est un séjour au Pays Basque en 2015 qui ravive durablement cette flamme créative et fait naître en elle le désir irrépressible de consacrer davantage de temps au dessin.
En 2017, elle découvre le pastel à l’occasion des cours du soir de l’école Émile Cohl à Lyon. C’est un véritable coup de cœur pour cette technique, qu’elle approfondit ensuite au fil de plusieurs stages, notamment auprès d’Annick Vallenet. Son parcours artistique trouve une reconnaissance encourageante dès 2018, avec le gain du concours de dessin et peinture de la ville de Miribel, dans l’Ain. Depuis lors, elle expose régulièrement, à raison de deux expositions par an en région Auvergne-Rhône-Alpes, notamment au salon des Arts d’Automne de Mornant, et participe à deux biennales internationales de pastel, à Lyon-Sanary et à Saint-Laurent-d’Agny. Au total, ses œuvres ont été présentées lors d’une douzaine d’expositions depuis 2020.
En 2025, son installation dans les Hauts-de-France, à Saint-Laurent-Blangy, ouvre un nouveau chapitre dans son parcours artistique. Elle y puise de nouvelles sources d’inspiration, entre paysages, architecture et ambiances propres à ce territoire. Sa première exposition en 2026 à la mairie de Saint-Laurent-Blangy, « d’une maison à l’autre » marque ainsi une nouvelle étape, et surtout une belle occasion de faire découvrir et partager un art encore trop méconnu : le pastel.
